The chocolate girl

Je m'apprête à aborder un sujet dont je n'aime pas beaucoup parler, et pourtant c'est important car c'est un aspect de l&...

Je m'apprête à aborder un sujet dont je n'aime pas beaucoup parler, et pourtant c'est important car c'est un aspect de l'expatriation qui m'a parfois rendu la vie difficile, même si c'est globalement une expérience très positive. Je veux parler du racisme et de la curiosité mal placée. Comme vous pouvez le voir sur ma photo de présentation, je ne suis pas forcément la Française typique que les étrangers imaginent en pensant à la France.


Le racisme et la curiosité mal placée ne sont pas des problèmes spécifiques à l'expatriation évidemment, et d'ailleurs ça peut aussi arriver aux personnes à la peau banche, mais pour ma part je n'en ai jamais vraiment trop souffert avant de quitter la France, et donc c'est à l'étranger que ça m'a vraiment marquée. Mon séjour à Prague en particulier a été assez marqué par ces problèmes. Ce n'est pas dans mon intention de faire des amalgames et de mettre tout le monde dans le même panier, je veux juste parler de mon expérience à ce niveau car changer de pays réserve des surprises, et pas toujours des bonnes, c'est le jeu.

Je pense savoir faire la différence entre les réactions liées à la curiosité et le racisme, même si dans certains cas la frontière est assez mince. 
La curiosité, ce sont les gens qui vous dévisagent dans la rue en ayant l'air de se demander "Mais c'est quoi ça?!". Pas toujours agréable pour la personne qui en est l'objet, mais humain. Et puis pour Prague, ça s'explique historiquement, car la République Tchèque est un ancien pays du bloc soviétique, et de ce fait l'immigration doit y être assez récente. J'avoue que je n'y étais pas préparée, même si je m'attendais à ce qu'il y ait moins de diversité à Prague qu'à Paris. Certains jours j'en faisais totalement abstraction, mais parfois ça m'était insupportable, surtout vers la fin de mon séjour. A Stockholm, ça m'arrive aussi parfois mais c'est beaucoup plus rare car il y a beaucoup plus de mixité et les gens sont habitués.

La curiosité mal placée, ce sont les gens qui se retournent carrément sur votre passage ou vous pointent du doigt sans la moindre discrétion. Ce sont les gens que vous ne connaissez ni d'Eve ni d'Adam et qui viennent vous toucher les cheveux sans vous demander votre avis comme si vous étiez un chiot (ça, c'est arrivé en France et à Stockholm aussi je dois dire). 

                                   


Le racisme, c'est ce type dans ce centre commercial qui passe à côté de vous en lâchant un "Black slut". C'est ce groupe de mecs qui pointent votre ami noir du doigt en riant.

Et puis il y a ces anecdotes qu'on ne sait pas trop dans quelle catégorie ranger.  Ce vigile à l'entrée du musée qui vous explose de rire au nez lorsque vous vous présentez devant lui (déficience mentale?). Ce plombier tchèque qui vient faire des travaux chez vous et qui vous envoie ensuite par erreur un texto hilare destiné à quelqu'un d'autre où il parle de toute évidence de vous en vous appelant "the chocolate girl".

Il y a donc parfois eu des moments où je me suis sentie doublement étrangère. Etrangère car pas dans mon pays, et étrangère à cause des réactions des gens à mon égard.


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2 comments

  1. et donc à Stockholm tu as moins à faire face à ce racisme ambiant/cette curiosité?

    je comprends que ça soit devenu insupportable pour toi. Je suis du genre Galak comme chocolat donc je n'ai jamais vécu ça, le plus proche serait peut-être les réflexions anti-Français que je me prenais au Québec et ça m'avait déjà bien saoulée donc j'imagine même pas le degré de lassitude/colère/indignation que tu as pu ressentir.

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    1. A Stockholm ça n'est jamais arrivé d'entendre des propos racistes et il y a peu de chances que ça arrive un jour. Déjà, il y a beaucoup plus d'immigration donc les gens sont habitués et en plus c'est extrêmement tabou dans la culture suédoise ce genre de choses. En apparence c'est un peu une société "Benetton" où chacun est représenté et est l'égal de l'autre.
      Après évidemment, derrière la façade il y a la réalité concrète et certains évènements viennent parfois me rappeler que je ne suis pas non plus chez les bisounours (genre ça: http://www.bbc.com/news/world-europe-35451080).
      Mais la plupart des gens n'oseraient jamais dire quelque chose je pense. Les regards curieux par contre c'est courant, mais moins qu'à Prague. A la limite je pense que ça m'arriverait moins si j'étais noire et pas métisse, car c'est plus courant.

      En tous cas les réflexions anti-Français ça doit être bien énervant aussi...

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